Le village d’enfants SOS de Tahoua a officiellement ouvert ses portes le 05 mars 2008, avec l’accueil des tous premiers enfants. Parmi eux, une grande majorité présentait des symptômes de maladies liées à une mauvaise hygiène de vie en général, et à la malnutrition en particulier. Il y en avait qui ne portait pas de vêtements encore moins de chaussures, du fait de la pauvreté extrême des parents qui ne favorisait pas l’achat de tels articles. Le village d’enfants SOS de Tahoua a su prendre en charge ses enfants, en leur offrant une nouvelle famille et tout ce dont ils avaient besoin pour leur développement. Six mois plus tard, nous leur avons rendu visite. Grande a été notre joie de trouver des enfants heureux, complètement transformés et contents de vivre au village. Ci-dessous, les sons et couleurs.
Soumaïla, huit ans et son frère Brahim six ans, sont nés d’un père aveugle et d’une mère paralytique. La famille, composée de 19 personnes (dont le père, la mère, leurs quatre enfants en plus des cousins et neveux) vivait dans une petite maison en banco avec un toit fait d’argile, de pailles et de bois, au milieu des flaques d’eau qui favorisent le développement des moustiques. Les enfants n’allaient pas à l’école. Ils servaient de guide aux parents, dont l’activité principale est la mendicité qu’ils pratiquent aux coins des rues et dans les grandes artères de la ville. Ils étaient parmi les premiers à arriver à Tahoua en mars 2008, lorsque le Village d’Enfants SOS de Tahoua a ouvert ses portes. Cinq mois plus tard, ils se sont adaptés et racontent leur vie au village. « Actuellement, nous sommes encore en vacances. Nous nous réveillons à 6h du matin. Nous effectuons quelques travaux domestiques avant de prendre notre petit déjeuner. Ensuite, ce sont les jeux et loisirs. Plusieurs activités sont organisées par les tantes SOS en cette période de vacances. Nous avons habituellement le choix entre la course, l’étude coranique, la télévision et le langa (jeu prisé par les enfants au Niger et qui s’apparente à la lutte traditionnelle). De tous ces jeux, je préfère la course et mon frère Brahim, le langa. Le repos de midi vient souvent interrompre ces moments agréables, mais tout reprend une fois la sieste terminée. Nous aimons manger le riz à la sauce tomate ou avec du haricot. Nous aimons aussi le tô qui est une pâte à base de mil, du sorgho ou du maïs. Nous sommes très heureux de vivre ici au village, surtout parce que nous avons une télévision dans notre maison familiale. J’apprécie particulièrement les films et les théâtres. Quant à mon frère Soumaïla, il aime les dessins animés».
Fati, bientôt trois ans, était aussi parmi les premiers enfants à être accueillis au village de Tahoua. Rejetée, parce que née d’une mère célibataire ce qui n’est pas accepté dans la société Nigérienne, elle a été recueillie par sa grande tante au sein d’une famille très nombreuse de 21 personnes c'est-à-dire ses propres enfants, des neveux, des tantes, des cousins et cousines. Cette dernière était obligée de pratiquer du petit commerce pour subvenir aux besoins de toute la famille, ce qui n’était pas de nature à garantir des repas réguliers à la petite Fati, dont la croissance était à peine entamée. Depuis qu’elle vit au village, la mine faible et chétive des premiers jours à cédé la place à l’enthousiasme et à la gaieté. Elle a beaucoup de frères et sœurs qui prennent bien soin d’elle. Elle joue beaucoup et elle est épanouie. Elle aime manger du riz, elle aime aussi la bouillie de mil. La petite Fati ne pourra aller au jardin d’enfants que l’année prochaine. Pour l’instant, elle profite encore des plaisirs de la maison et de la chaleur de sa mère SOS.
Souma et Rabi sont deux petites filles âgées respectivement de six et cinq ans. Nées de parents aveugles et pauvres, ces derniers n’avaient pas d’argent pour leur offrir une éducation normale. Les enfants vivaient en campagne avec leur grand-mère dans une maison exigüe et insalubre, sans eau potable ni sanitaires. Elles sont arrivées au village d’Enfants SOS de Tahoua le 02 juin 2008. Souma qui est moins timide que sa sœur raconte comment elle passe ses journées en cette période de vacances. « Je me lève à 6h30mn. Après avoir dressé mon lit, je fais quelques travaux ménagers avant de prendre mon bain. Nous prenons le petit déjeuner en famille, c'est-à-dire notre mère SOS, mes frères et sœurs. Puis, nous nous retrouvons dans la grande salle pour les activités de vacances. J’aime particulièrement le cache-cache, le langa et la course. Je fais aussi l’étude coranique et je visionne des programmes télévisés. Mes plats préférés sont : Le riz, le tô et la viande. Je suis très contente de vivre ici au village de Tahoua. Ce qui me plaît, ce sont surtout les maisons familiales et la façon dont elles ont été construites. C’est plus joli ici que chez mon père ».
Mariam, Abou et Maha sont parmi les derniers enfants à avoir été reçus au village de Tahoua. Ils sont arrivés en juillet 2008, il y a quelques mois seulement. Mariam et Abou sont une fratrie, orphelins, issus d’une famille extrêmement pauvre. Quant à Maha, né d’une mère malade mentale, vivait en campagne avec sa grand-mère. Les conditions de précarité dans les quelles ils vivaient ne pouvaient pas leur garantir une enfance normale. Le village d’Enfants SOS de Tahoua s’est alors avéré être l’ultime solution pour ces enfants qui comme les autres, représentent l’avenir du Niger. La période d’adaptation est très vite passée, et les enfants se portent à merveille aujourd’hui. En ce moment, ils sont encore en vacances et profite pleinement de cette période estivale. Mariam aime jouer au cache-cache, Abou préfère le football et Maha le langa. Pour ce qui est des plats préférés, il n’y a pas de différence. Ils aiment tous le riz, le tô, la viande, la sauce tomate et le fura (bouillie à base de mil). A la question de savoir ce qui leur plaît le plus au village, Mariam et Abou sont impressionnés par la gentillesse de leur mère SOS. Maha, à peine trois ans, n’a pas pu s’exprimer.
NB : Les noms des enfants impliqués dans cet article ont été modifiés